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Interview avec Hartmut Dworak
30 ans pour le groupe Essilor
Septembre 1979, Hartmut Dworak était recruté comme assistant de la personne ayant un mandat général du groupe Essilor pour l’Allemagne et l’Autriche. Mai 1982, il était déjà à l’étape suivante, celle de directeur du groupe Essilor pour l’Autriche. Une année plus tard survenait déjà la fusion avec Swarovski Optik. La prochaine étape ramenait H. Dworak en Allemagne. En 1991, il était nommé directeur là où il avait commencé à travailler pour Essilor. Après sept ans, il reprenait finalement la direction du groupe Essilor en Suisse – et il s’y plaît encore toujours. 30 ans dans la même entreprise, c’est une longue période et on pourrait même soupçonner que, durant cette période, on s’est arrangé pour avoir la belle vie. Pour peu qu’on ait suivi l’histoire du fabricant de verres français, on en vient à une tout autre conclusion. Le groupe Essilor s’est transformé durant ces trois décennies pour devenir le numéro un du marché et s’est accru chaque année (entre autres par des achats) de six à neuf pour cent. Cette dynamique exige vraiment beaucoup de flexibilité de gestion du management et est un défi constant. C’était aussi lié à un changement de mentalité, car Essilor est passé du statut de fabricant de verres national au statut de numéro un du marché international. Toutes ces nouvelles exigences ont eu pour conséquence que monsieur H. Dworak ne s’est jamais ennuyé dans «son» entreprise. Différentes cultures en Suisse H. Dworak ne fait pas un mystère de son plaisir de travailler pour Essilor Suisse. Ici, il a d’abord trouvé un marché avec différentes cultures dont on garde une bonne vue d’ensemble et qui lui permet encore actuellement de rester en contact direct avec les opticiens de sorte qu’il remarque rapidement si les besoins du marché changent. Alors, une réaction rapide est importante – et, en disant rapide, Dworak veut dire dans un délai de deux mois. C’est possible dans ce pays – dans d’autres pays, c’est probablement une chose qui touche à l’impossibilité. Ainsi, Essilor Suisse a déjà remarqué assez tôt que, sur le marché des verres, il n’est pas seulement nécessaire d’avoir une offre d’un niveau supérieur et d’un prix élevé mais aussi un assortiment de produits d’un prix moyen et que même une marque célèbre comme Varilux a besoin d’un prix de lancement. Parfois, lorsqu’on travaille sur ces marchés, les choses peuvent aussi aller de travers et l’on paie les frais d’apprentissage – expériences qui ne sont toutefois pas inutiles si on ne les refoule pas tout simplement. Selon Dworak, c’est le cas de la campagne de lancement pour les verres progressifs (Varilux Starter) connue sous le nom de «Endlich frei!» (enfin libre). Bonne troupe H. Dworak éprouve aussi du plaisir à travailler avec «ses» employés d’Essilor Suisse, sa «troupe», comme il l’appelle. Une troupe qui est tout à fait motivée. Il veut conserver le concept du «fabriqué en Suisse», sans nier pour autant l’internationalité de la marque et de l’entreprise. Pour les opticiens suisses, Essilor n’est pas seulement le fournisseur de verres mais aussi, sur demande, une agence de marketing qui vient à la rescousse avec des dossiers de marketing, des mailings et des formations là où on le souhaite. Selon H. Dworak, le défi des prochaines années en Suisse sera pour l’opticien de réussir à ce que le consommateur prenne conscience de ses services et que celui-ci les lui achète. Pour cela, il doit parler le langage du consommateur. Par son élection dans le cercle chargé du guidage de la participation d’Essilor International, Dworak doit faire face à un défi supplémentaire. Essilor a élaboré au cours des années son propre modèle de participation des employés de sorte qu’aujourd’hui un employé sur quatre de cette entreprise qui compte 30 000 collaborateurs en est en même temps un actionnaire. La société Valoptec, dans laquelle les cadres d’Essilor sont représentés, a son mot à dire en ce qui concerne la stratégie du groupe. H. Dworak fait partie depuis peu de cette instance en tant que représentant des cadres de l’Europe centrale. Qu’il puisse y apporter ses nouvelles idées le réjouit tout particulièrement.
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